Les stagiaires du PPD partagent leurs expériences en situation de crise

Programme de pratique du droit

Les stagiaires du PPD partagent leurs expériences en situation de crise

Ces dernières semaines, le monde entier a vu sa routine et ses acquis basculer. Être candidat au processus d’accès à la profession apporte son lot de défis et d’incertitudes. Les candidat(e)s du Programme de pratique du droit font preuve de résilience, et grâce au support de leurs employeurs et de leurs maîtres de stage, complètent présentement leurs stages avec succès. Ils partagent certaines leçons et expériences apprises dans un contexte de crise.

 

La rapidité d’adaptation

La première leçon est la nécessité de s’adapter, et ce, rapidement. Nous ne sommes pas les seuls dans cette nouvelle réalité et il faut accepter que cette dernière ne soit pas la plus optimale pour soi. Certains milieux de travail doivent maintenir un horaire chargé avec les difficultés additionnelles du travail à distance et d’une clientèle réduite. D’autres employeurs ralentissent le rythme ou doivent œuvrer en mode gestion de crise. Pour faciliter ce processus, il faut bien comprendre son rôle de stagiaire ainsi que celui de ses collègues et comment on peut y contribuer. S’éduquer au sujet des nouvelles tâches ou des processus que l’on doit effectuer. L’empathie doit être aussi au rendez-vous. Comme nous, nos collègues et la communauté au complet sont affectées par cette situation. Une approche proposée par l’employeur peut ne pas nous convenir personnellement, mais il faut considérer les perspectives diverses.

Une bonne communication est une clé pour y arriver : confirmer ses priorités et ne pas hésiter à proposer de l’aide dans d’autres champs. Garder le contact avec sa communauté : en plus de sa famille, ses mentors et l’ensemble de son réseau de support personnel et professionnel. Plusieurs candidats ont raconté que le PPD les a bien préparés à anticiper l’inconnu, à revoir ses méthodes de travail et à s’ajuster aux circonstances changeantes plus rapidement.

 

La gestion du temps prend une nouvelle dimension

La bonne gestion du temps devient encore plus importante lorsqu’on travaille à distance. Il est facile de faire autre chose que son travail, de perdre la concentration sur son stage et sur ses objectifs.

Le télétravail inspire un réel sentiment de liberté et tant que le travail est bien fait, tout va comme des roulettes. En évitant les déplacements et même plusieurs dépenses quotidiennes, on se sent plus relax. Le fait de ne pas être distrait par ses collègues dans cet environnement espacé conduit à une meilleure performance professionnelle. Par contre, on doit développer une autonomie professionnelle, de travailler à son propre rythme, sans distraction ni interruption afin d’assurer sa productivité. Les distractions sont multiples, surtout si on a des responsabilités familiales simultanées. Minimiser les distractions en créant un espace de bureau professionnel loin des technologies non essentielles (tablette, portable, télévision, etc.). Créer un horaire qui permet de concilier travail et famille, tout en permettant d’être présent à 100% pour chaque volet durant le bloc de temps qui lui est dédié. Une communication étroite avec son employeur est nécessaire à cet égard.

Savoir s’organiser et évoluer dans un environnement changeant est probablement une des compétences les plus recherchées sur le marché du travail, surtout pour les services qui sont identifiés comme essentiels par le gouvernement. Toutefois, sans discipline, tout peut facilement basculer. Un candidat partage qu’il a porté une attention particulière à la gestion de ses dossiers ainsi qu’à ses pauses. Ces moments charnières lui ont permis de mieux s’encadrer et de considérer son bien-être.

 

La communication à distance

En mode télétravail, une bonne communication devient encore plus cruciale. L’inconvénient principal lorsqu’on est stagiaire en mode télétravail est le manque de supervision quotidien par son maître de stage. Ensuite, le manque d’interactions avec ses collègues, ses clients et la culture de la collaboration diminue. L’esprit d’équipe et les communications se font plus rares et il est quasiment impossible d’avoir un œil sur tout à la fois. Les stagiaires du PPD ont salué la proactivité des maîtres de stage pour mettre en place des mesures alternatives pour assurer une supervision adéquate malgré les circonstances, alors qu’il n’est pas possible de consulter facilement les personnes clés afin de poser une question ou d’obtenir une précision. De plus, ces personnes ne répondent pas aux courriels aussi promptement et on risque de mettre nos tâches en suspens en attendant de recevoir la réponse. Il devient essentiel de développer et maintenir un langage bref et concis par écrit afin de maximiser l’efficacité des communications, et de minimiser le temps perdu entre les messages. Certains stagiaires se sont entendus avec leurs maîtres de stage pour se texter ou s’appeler quotidiennement afin d’assurer un suivi et obtenir de la rétroaction. Même si la distance rend le processus difficile, cette approche permet de garder un contact étroit.

 

La déception de ne pas acquérir toute l’expérience souhaitée

La crise du COVID-19 a poussé plusieurs stagiaires à revoir leurs objectifs, incluant les compétences qu’ils souhaitaient développer durant leur stage et le nombre de changements auxquels ils étaient confrontés quotidiennement. Certaines expériences sont limitées ou même éliminées. C’est une grande déception. Évidemment, il faut s’adapter, être flexible et s’ajuster en conséquence. Une candidate partage que le fait d’avoir complété le Volet formation du PPD lui permet d’être plus en confiance d’avoir acquis l’expérience pratique et les compétences qui lui manqueront dans le cadre de son stage.

Avec l’horaire de travail et les dossiers perturbés, le temps libéré permet de suivre des formations professionnelles continues, comme celles du Barreau de l’Ontario ou de l’Association du Barreau de l’Ontario et pratiquO. Il s’agit d’une excellente manière d’acquérir de nouvelles connaissances et développer ses compétences transférables.

 

L’utilisation de la technologie

Les méthodes de travail efficaces et la technologie ont rendu le télétravail possible. Les nouvelles procédures administratives et judiciaires ont contribué au maintien de plusieurs services juridiques.   Toutefois, en tant que stagiaire, il faut démontrer son esprit critique, chose que la technologie ne permet pas encore. La technologie rend le processus possible ou ouvre de nouvelles opportunités de compétences, mais ses qualités personnelles et sa pensée critique permettent aussi d’identifier des solutions pour contribuer au développement du cabinet ou du milieu juridique où l’on complète son stage et son entrée dans la profession.

 

Le professionnalisme avant tout

En tant que stagiaire, il est important de ne pas perdre de vue ses objectifs d’exceller dans le stage et d’en faire un tremplin vers une entrée réussie dans la profession. Il faut suivre ses progrès de prêt pour atteindre les objectifs qu’on s’est fixés au début du stage. Des réajustements sont possibles et c’est tout à fait normal. Toutefois, le tout passe par le professionnalisme dans le langage, la façon de faire et d’être. Un candidat partage qu’il a gardé l’habitude de s’habiller en tenue de ville comme s’il travaillait au bureau. Ceci lui permet de rester dans l’esprit de travail et de s’assurer d’être toujours prêt pour une téléconférence avec son employeur et ses clients. Cultiver une attitude positive et professionnelle malgré le contexte difficile contribue au maintien d’une bonne relation avec son employeur tout en donnant une bonne impression. Il ne faut pas perdre de vue que, malgré la position précaire de stagiaire, ce problème nous concerne tous.

 

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